Il était une fois
Ils se connaissent à la ville. Ils sont amis, copains ou parents. L'une est comédienne, un second plasticien, une troisième musicienne, d'autres touchent à l'expression corporelle. Ils se voient, ils échangent. Fatalement, ils se retrouvent à la scène.
En 1985, la Compagnie Opale naît en même temps que son premier spectacle. "Trois gouttes vertes", un intermezzo joyeusement délirant, séduit le public très officiel du Prix de l'Etat du Valais.
Premier prix, première reconnaissance publique. Anne Salamin, comédienne et metteur en scène, lance une idée farfelue. Profitons de cet élan, dit-elle, et créons une troupe professionnelle. Farfelu, parce que le Valais, ses sociétés, ses banques, ses sponsors, se tournent plus volontiers vers les combats de reine que vers la création artistique. On lui dit: "bien sûr", "bravo", "comme cette idée est belle"... On n'y croit pas trop.
Vingt ans plus tard, Opale est toujours là. La troupe a monté pas moins de quinze spectacles. Sans jamais vendre son âme. Le professionnalisme, le souci permanent de qualité n'ont fait l'objet d'aucune concession. L'approche artistique n'a pas changé. Le mélange des genres, entre théâtre, musique, mouvement avait marqué la naissance d'Opale en 1985. Il reste la signature originale de la troupe. Les comédiens se sont succédés au fil des ans. Normal. Il était, et il est toujours illusoire de vouloir créer une troupe professionnelle permanente en Valais.
Anne Salamin persiste. Aussi patiente que têtue, elle monte ses spectacles avec trois bouts de ficelle et deux clous, appelle les directeurs de salle, sollicite les Fondations. Quelques remarquables succès l'encouragent. Les medias hors canton s'intéressent à cette troupe singulière. Les journalistes saluent la qualité des spectacles. Des artistes d'ailleurs, comédiens ou metteurs en scène, rejoignent Opale le temps d’un projet.
Opale signe. En 2005, La troupe fête ses vingt ans avec Marivaux et sa "Double inconstance". Une pièce revisitée par le metteur en scène Daniel Wolf.
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